La dynamique électorale bat son plein dans la province d’Essaouira, touchant aussi bien les villages, les douars que les centres urbains. Cette province, à forte dominante rurale et composée de 57 communes territoriales, est devenue le théâtre d’une mobilisation intense. Durant la campagne, les formations politiques ont rivalisé d’ingéniosité, adoptant des stratégies variées pour assurer une communication de proximité avec les électeurs, allant des meetings populaires aux sorties sur le terrain, en passant par le porte-à-porte.
Malgré la diversité des méthodes, l’objectif demeure identique : convaincre le plus grand nombre d’électeurs du monde rural. Ces derniers représentent environ 73 % de la population totale de la province, soit 310 853 personnes sur un total de 425 375 habitants, selon les données du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2024.
Dans les zones intérieures de la province, notamment dans les régions historiques du Chiadma et du Haha, les candidats ciblent des sites stratégiques tels que les souks hebdomadaires. Ces espaces, très fréquentés, offrent une opportunité idéale pour présenter les lignes directrices des programmes électoraux et engager un dialogue direct avec les citoyens. Des localités comme M’skala, Hanchane, Had Dra, Smimou et Tamanar sont au cœur de cette effervescence, largement relayée par les médias locaux et les réseaux sociaux.
Au-delà des stratégies de mobilisation, les programmes électoraux se concentrent sur des préoccupations majeures : le désenclavement, l’emploi, la santé et la valorisation des potentialités touristiques et économiques de la province. Ces priorités s’inscrivent dans un contexte de mutations démographiques et sociales significatives.
Selon les chiffres du RGPH 2024, des progrès notables ont été enregistrés en matière d’accès à l’éducation et aux services de base. Le taux de scolarisation des enfants âgés de 6 à 11 ans atteint désormais 95,8 %, tandis que le taux d’analphabétisme chez les personnes de 10 ans et plus a reculé, passant de 48,9 % en 2014 à 39,2 % en 2024. Parallèlement, l’accès aux réseaux d’eau potable et d’électricité s’est amélioré, atteignant respectivement 73,6 % et 95,4 %, contre 42,9 % et 84,3 % il y a dix ans.
Cette transformation s’accompagne d’un changement de la structure démographique. La part des personnes âgées de 60 ans et plus est passée de 11,8 % à 16,5 % en dix ans, tandis que les moins de 15 ans représentent 27,5 % de la population. Ces données placent l’emploi des jeunes, l’intégration sociale et le développement du capital humain au centre des débats.
Sur le plan économique, les rencontres avec les électeurs mettent en avant des secteurs porteurs comme l’argiculture, la pêche artisanale, l’artisanat et le tourisme. L’accent est mis sur l’insertion des jeunes, à travers la formation, l’encouragement à l’entrepreneuriat et un accompagnement post-lancement des initiatives génératrices de revenus.
Pour Malak, étudiante à l’Institut Supérieur des Professions Infirmières et Techniques de Santé d’Essaouira, qui s’apprête à voter pour la première fois, ce scrutin est « une occasion de faire entendre la voix de la jeunesse d’Essaouira et de contribuer au choix des représentants qui porteront les aspirations de la population ». Cette attente est partagée par Abdelmalek, étudiant à l’École Supérieure de Technologie d’Essaouira, qui espère trouver un emploi dans sa ville natale sans avoir à migrer.
Pour une grande partie des habitants d’Essaouira, les aspirations varient selon les spécificités locales, mais se rejoignent dans une volonté commune : voir leur province poursuivre son élan de développement durant les cinq prochaines années. À quelques jours du scrutin du 23 septembre, les partis politiques misent plus que jamais sur le monde rural et les jeunes, véritables moteurs de la dynamique électorale provinciale.








