Dans une déclaration accordée à l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP), le président de l’Université Cadi Ayyad, M. Boukadir, a mis en avant les nouveautés majeures de cette rentrée universitaire. La principale évolution réside dans le renforcement du réseau de l’université, qui compte désormais 21 établissements. Cette répartition stratégique inclut dix institutions à Marrakech, sept à Safi, trois à El Kelaâ des Sraghna et une à Essaouira, illustrant une volonté claire de consolider la présence territoriale de l’université et de rapprocher les formations des étudiants, en phase avec les besoins de la région Marrakech-Safi et les aspirations de sa jeunesse.
M. Boukadir a précisé que cette rentrée marque également la réorganisation de la Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales de Marrakech et d’El Kelaâ des Sraghna en deux entités distinctes : la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques, et la Faculté d’Économie et de Gestion. Cette transformation vise à favoriser la spécialisation, la complémentarité entre les domaines de connaissance, ainsi que le développement d’une offre pédagogique et de recherche mieux adaptée aux spécificités de chaque discipline.
Cette dynamique s’étend à la Faculté Polydisciplinaire de Safi, qui est restructurée en cinq établissements : la Faculté des Sciences Appliquées, la Faculté des Sciences Humaines et Sociales, la Faculté des Langues, Lettres et Arts, la Faculté d’Économie et de Gestion, ainsi que la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques.
Parallèlement à ces changements structurels, le président a insisté sur l’importance de moderniser les pratiques pédagogiques en exploitant les opportunités offertes par la numérisation et l’intelligence artificielle. L’accent est mis sur l’étudiant, dont le développement des compétences et l’autonomie sont placés au centre du processus éducatif, tout en renforçant la recherche scientifique, l’innovation et les liens avec l’environnement socio-économique.
Sur le plan pédagogique, l’offre de formation passe de 300 à 350 cursus cette année. M. Boukadir a souligné que le succès de cette transition dépend d’un suivi rigoureux, d’une réactivité face aux défis de terrain et de l’implication active des enseignants-chercheurs ainsi que du personnel administratif et technique. L’objectif est de garantir un démarrage optimal de l’année universitaire et d’assurer une stabilité pédagogique durable pour la réussite des étudiants.
Évoquant le rayonnement national et international de l’Université Cadi Ayyad, fruit d’un travail collectif constant, M. Boukadir a noté que si les classements mondiaux constituent des indicateurs importants, la valorisation de l’université repose avant tout sur la qualité de la formation et de la recherche, ainsi que sur sa capacité à générer un impact concret sur son environnement.
À cet égard, il a présenté la stratégie de l’université pour renforcer son leadership, axée sur l’excellence scientifique, le soutien aux laboratoires, l’accompagnement des jeunes chercheurs et doctorants, et l’encouragement de la recherche interdisciplinaire. L’université veille particulièrement aux travaux répondant aux défis de développement et favorisant le transfert de connaissances vers le tissu économique et social.
En outre, l’université cherche à approfondir ses partenariats académiques et scientifiques à haute valeur ajoutée, à élargir les opportunités de mobilité pour les étudiants et chercheurs, et à promouvoir la coopération, notamment à l’échelle africaine.
Concernant les défis liés à l’extension géographique sur huit provinces, le président a souligné la nécessité de garantir l’équité dans l’accès à une formation de qualité, tout en prenant en compte la diversité territoriale, les contraintes de transport et de logement, ainsi que la demande croissante pour l’enseignement supérieur. Il s’agit également de relever le défi organisationnel consistant à coordonner les actions des divers établissements tout en préservant leur capacité à répondre aux besoins locaux.
Pour répondre à ces enjeux, l’Université Cadi Ayyad adopte une approche combinant vision unifiée et gestion adaptée aux spécificités de chaque pôle universitaire. L’objectif est de transformer cette étendue géographique en un levier d’équité et de développement, permettant à chaque étudiant, quel que soit son lieu d’origine, de bénéficier de réelles opportunités de réussite.
Enfin, M. Boukadir a réaffirmé son engagement à poursuivre ce travail collectif pour faire de l’université un espace d’apprentissage, d’innovation et de construction du futur, affirmant qu’elle demeure un acteur clé dans la production de savoir et le développement du Royaume.







