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Tanger: Dialogue ministériel sur l’inclusion économique des femmes africaines

L’inclusion financière et économique de la femme africaine a été au centre d’un dialogue ministériel tenu, mercredi à Tanger, en marge de la 58è session de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies (CEA-ONU).

Organisé en partenariat avec le Centre africain pour la transformation économique (ACET), ce dialogue, consacré à l’initiative “Décennie de la femme africaine”, a réuni un parterre de responsables gouvernementaux, d’experts et de représentants d’organisations internationales.

Cette rencontre vise à dégager des messages clairs et des actions prioritaires pour intégrer l’autonomisation économique des femmes dans les stratégies liées aux données, aux infrastructures publiques numériques, aux écosystèmes d’innovation ainsi qu’aux réformes budgétaires et financières sensibles au genre.

S’exprimant à cette occasion, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a mis en avant le rôle primordial de la femme dans la transformation économique en Afrique, notant qu’il ne s’agit pas d’une posture morale, mais d’un “fait économique démontré”.

Citant des données de la Banque mondiale et de ONU Femmes, la ministre a relevé que l’alignement du taux d’emploi des femmes sur celui des hommes générerait des gains significatifs en termes de PIB par habitant, notant que malgré des avancées juridiques notables, les résultats concrets pour les femmes africaines demeurent encore insuffisants, et qu’au rythme actuel, les objectifs fixés à l’horizon 2030 ne seront pas atteints.

S’agissant de l’expérience du Maroc, la ministre a indiqué que le Royaume, sous le leadership éclairé de SM le Roi Mohammed VI, a engagé depuis deux décennies des réformes profondes portant notamment sur le cadre constitutionnel, la consolidation des droits des femmes et la réorientation des politiques publiques.

Elle a mis en avant la budgétisation sensible au genre, intégrée dans la loi organique des finances depuis 2015, en tant que levier structurant ayant permis de traduire l’engagement politique en mécanismes concrets d’action publique.

“La question n’est plus de savoir si nous disposons d’une stratégie pour l’égalité, mais de mesurer l’impact réel de nos budgets et programmes sur les femmes”, a-t-elle expliqué.

Elle a, en outre, mis en exergue le rôle croissant de l’innovation en tant qu’accélérateur de l’inclusion, soulignant que les fintechs, les plateformes de commerce électronique et les solutions d’apprentissage en ligne offrent de nouvelles opportunités pour élargir l’accès des femmes aux services financiers, aux marchés et aux compétences.

De son côté, Theophiline Bose-Duker, économiste en chef à l’ACET, a présenté une analyse sur l’inclusion des femmes à l’ère des données et des technologies numériques, mettant en lumière les enseignements tirés de l’indice africain de l’inclusion des femmes (AWII).

Mme Bose-Duker a relevé que les disparités persistantes en matière d’accès aux technologies, aux services financiers et aux opportunités économiques constituent des freins majeurs à une inclusion effective.

Les autres intervenants ont, par ailleurs, discuté des moyens de traduire les analyses et indicateurs existants en outils opérationnels au service des politiques publiques, en mettant l’accent sur l’utilisation d’instruments tels que l’Indice africain du genre et du développement (AGDI), l’Africa Gender Index (AGI) et l’AWII pour appuyer la mise en œuvre des décisions des instances ministérielles africaines et des priorités de la “Décennie de la femme africaine”.

Les intervenants ont également discuté de l’importance d’intégrer de manière cohérente l’inclusion économique des femmes dans les stratégies nationales relatives aux données, aux infrastructures numériques et aux écosystèmes d’innovation, soulignant la nécessité de renforcer la coordination entre réformes fiscales, financières et initiatives en faveur de l’égalité de genre.

Ce dialogue ministériel intervient en marge de la 58è session de la CEA (28 mars-3 avril), placée sous le thème “Croissance par l’innovation: exploiter les données et les technologies de pointe au service de la transformation économique de l’Afrique”, qui réunit ministres africains, décideurs politiques, partenaires au développement, chercheurs et représentants du secteur privé autour des grands enjeux économiques et de développement du continent.

Tout au long des travaux de cette session, les ministres, les gouverneurs des banques centrales, les décideurs politiques, les dirigeants du secteur privé et les partenaires au développement analyseront comment les technologies de pointe, notamment l’Intelligence artificielle, les infrastructures publiques numériques et les systèmes de données avancés, peuvent stimuler la productivité, la diversification économique et la transformation structurelle des économies africaines.